mercredi 18 septembre 2019

Kung-fu panda 2

Dès les premières minutes du film, je me suis dit « houlala ça va être chaud ».
Il faut dire que ce matin , tu m’avais annoncé que pour la première fois de ta vie , tu avais rêvé d’eux, ta maman et ton papa d’Inde. Était ce la présence de la lune , ou le fait d’avoir vu hier soir la maman d’un de tes amis du cirque en train d’allaiter sa petite sœur de 1 mois?  on ne saura jamais ce qui les avaient conduit jusque dans tes rêves. Mais tu m’as dit au réveil que ce rêve était beau et triste. Et je t’ai montré à nouveau que je note dans un carnet tout ce que tu me dis à leur sujet, afin que le moment venu, si tu le souhaites nous puissions nous servir de tes souvenirs pour partir à leur recherche. Puis tu es partie à l’école , rassurée me semble t’il par cette promesse renouvelée.

Ce soir, comme tous les mardis, nous nous installons pour visionner un film.Nous avons vu Kung fu panda la semaine dernière, je te propose de regarder  la suite.  Nous savons / avons compris que Po , le panda guerrier dragon, a été adopté puisque son père est un gentil canard , MR Ping , avec lequel il n’a , bien évidemment, aucune ressemblance (et qui rêve de transformer son fils en marchand de nouilles.).
Mais je ne savais pas que dans cet épisode , Po va réaliser qu’il a été adopté, et va être amené à découvrir ,assez violemment, quelles sont ses origines.  Le film se termine- bien (heureusement ) - j’essaye de te demander de manière détournée ce que tu en penses mais tu ne me réponds pas. Ou plutôt tu évites de me répondre, je sens que cette histoire a remué pas mal de choses en toi mais tu n’as semble-t-il pas envie d’en parler. Je n’insiste pas et te propose d’aller te coucher.
Nous parlons comme chaque soir de tout et de rien et puis tout d’un coup, tu me parles d’eux à nouveau. Tu évoques les bêtises que tu faisais, enfant, et la douceur de ta maman. Tu crains qu’ils ne meurent avant de les retrouver. Tes larmes se mettent à couler. Je te réconforte comme je le peux , juste en étant là et en te disant que je comprends ton chagrin. J’ai le sentiment que sont les mots que tu attendais, et soudainement les vannes lâchent, libérant un flot de sanglots qui balloteront mon cœur de maman. Je ne cherche pas à lutter contre le courant de ta tristesse, je suis juste là , allongée sur ton lit-radeau, et je rame le plus fermement possible pour t’accompagner vers des eaux plus tranquilles.
Comme maître Shifu ( chifou!) je dois t’aider à trouver la voie de la paix intérieure mais ne peux le faire pour toi.


Petit à petit tu t’apaises sous mes caresses et mes mots de maman  , et je finis même par réussir à te faire rire avant de t’endormir.
L’orage est passé, l'inondation a  été évitée mais on ne m’y reprendra plus : plus jamais je regarde un dessin animé sans savoir de quoi il parle! D’ailleurs pas sur qu’on regarde le 3 la semaine prochaine....


Pour comprendre ce qui a pu te remuer: http://leblogdeladoption.blogspot.com/2011/10/kung-fu-panda-2.html

mardi 3 septembre 2019

Première rentrée

Certes tu es déjà rentrée en CP l’an dernier mais c’était en cours d’année.
Cette fois ci , c’était La rentrée, la vraie , la même que tous tes petits camarades, celle où les parents versent une petite larme, tout en poussant un ouf de soulagement après les 2 mois de vacances ( je n’ai pas versé de larmes mais j’ai bien dit ouf).
On l’avait préparée à l’avance, achetant les fournitures scolaires près d’un mois avant. Des trucs roses forcément.  C’est rigolo parce que l’agenda que tu as choisi avec beaucoup de soins, a comme photo de couverture une image de chaton qui ressemble à Pétale, la petite chatte qui est entrée dans notre vie 3 semaines plus tard.
La préparation de la rentrée s’est arrêtée là en terme d’organisation ; j’ai vite abandonné l’idée de te faire coucher plus tôt la dernière semaine moi aussi , j’ai un peu plus insisté pour te faire travailler un peu mais il aurait fallu pour ça que ce mois d’aout soit propice au travail, ce qu’il ne fut pas.
La rentrée semblait te laisser indifférente. Moi j’avoue que j’avais une certaine appréhension à l’idée que tu ne raccroches pas au wagon du train du CE1. Faire un CP en 6 mois, tout en apprenant le français, c’est juste incroyable. Mais bon ce n’est pas le dernier WE d’août que j’allais te faire comprendre les additions de dizaines et d’unités!
Bref , en cette veille de rentrée, j’étais stressée , mais pas toi semblait-il. J’ai changé d’avis quand j’ai vu que le coucher trainait en longueur parce que  tu avais des questions anodines ( « c’est comment que s’écrit notre nom? ») à poser. Tu as fini par t’endormir à 23 h30 et j’avais prévu de te lever le plus tard possible pour que ta nuit soit la plus longue possible.

En fait tu as débarqué dans notre chambre , douchée, coiffée, habillée et chaussée 30 minutes avant l’heure du réveil! J’estime donc ton heure de réveil entre 6 h15 et 6h30 mais nous n’en saurons jamais rien puisque j’écrasais l’oreiller pendant que tu te préparais sans bruit pour « me laisser dormir. «
Nous avons donc eu tout le temps de prendre le déjeuner et de faire notre photo de rentrée avant de partir te déposer à l’école. Fière de ton beau sac à roulettes, tu es sortie de la voiture sans hésiter, tu t’es dirigée vers ta nouvelle classe sans traîner, tu as claqué un « bonjour maîtresse «  avant d’aller t’asseoir toute seule avec tes 7 camarades de CE1 dans le coin qui vous est réservé. Te souviendras tu que nous t’avons déposé un bisou sur la joue avant de nous éclipser ? Et nous sommes repartis bien sagement de notre côté, impatients d’aller te chercher pour Tout savoir. En fait, nous n’avons rien su, à part que tu avais mangé du nem et du poulet à la cantine (et je dis yesss!).
Ce matin c’était déjà reparti pour les habitudes d’avant les vacances : j’ai du te tirer de ton lit puis t’arracher à la TV et nous sommes arrivées à l’école à 47 alors que j’avais signé un papier la veille au soir précisant que les enfants devaient impérativement être à l’école à 45 sous peine de trouver porte close.  C’est la rentrée pour nous aussi!!

vendredi 30 août 2019

Premier été

Qu’il fut beau cet été!





















Un été des premières fois, un été de partage et de découvertes.
Que retiendras tu de ces moments, quels souvenirs viendront danser dans ta mémoire dans quelques années? Tu as rencontré tellement de nouvelles têtes, vécus tellement d’aventures au cours de ces semaines!
Te souviendras tu de ta première vague ou des suivantes quand tu glissais jusqu’à moi pour me taper fièrement la main? De la façon dont tu m’engueulais quand tu jugeais que je ne t’aidais pas assez à prendre les vagues «  en fait tu as mis ta combinaison mais tu ne fais rien, c’est moi qui fait tout! » des premières baignades en mer avec ton père qui te fait sauter au dessus de la vague ou plonger dedans , c’est toi qui choisit? Du « tiens ton slip » où tu glissais si bien avec Raphaël alors que sa mère et moi nous nous y écrasions comme deux baleines? Des amandes fraîches , des prunes sauvages , des figues cueillies au matin avec Brigitte avant que la chaleur ne nous pousse vers la piscine?  Du goût de tes premières tomates ou de celui de tes fraises? Des framboises du jardin de Nanie? Des pistaches de l’appéro Chez Fabien? De tes premiers goûters d’anniversaire ? Des premières fois où tu as invité des copines à la maison ou la première fois que tu as traversé seule la rue pour aller jouer avec Léopoldine?  De ta première fête des couleurs en France pour ton anniversaire où nous avons recoloré le parking de Get C? Du ballon gonflé à l’hélium que tu m’as tanné pour que je te l’achète et que tu as dégonflé parce qu’il te gênait dans la voiture? Du Roi Lion ou de la première photo de Pétale que tu as vue? Des embruns qui vous douchaient ton père et toi, postés sur la proue du bateau, et que tu riais aux éclats? Du bateau de Nanie qui n’a jamais quitté le quai ou de celui de Marius qui tournait dans le bassin du manège? De la grande roue qui finalement n’était pas très impressionnante et beaucoup moins amusante que le trampoline? De notre balade sur le vieux port  où tu refusais de marcher avec tes tongs car il faisait tellement chaud que tu glissais dessus avec la transpiration? De  Clément qui a accepté de regarder « la reine des neiges » avec toi et près de qui il fallait être assise pour manger? Des cheveux de Julien à qui tu aurais aimé faire un chignon ou de ceux de Cécile à qui tu as fait une coiffure de soirée? De toutes les piscines dans lesquelles tu as sautées, nagées et ondulées sous le regard admiratif de ton père?  Des poissons qui te dégoûtent quand il s’agit de les manger - même si c’est ton cousin Nicolas qui les a pêchés-ou de les regarder sous l’eau  mais que tu as pris un immense plaisir à pêcher au carrelet ou à nourrir chez PhiPhi et Manou?  De tes premiers petits crabes sous les rochers, des crevettes minuscules pêchées à l’épuisette? Du CD de Muse que tu réclames à peine installée dans la voiture et que tu chantes à tue -tête avec ton père ? De tes premières nuits chez Claudine et Francis? De ces longs trajets en voiture où tu pouvais enchainer sans compter les dessins animés ? De notre arrivée à Bayonne bloqués à quelques km de la maison au bord de l’Adour par des bataillons de CRS que tu voulais convaincre de nous laisser passer en leur disant que tu n’avais pas l’intention de tuer les présidents? De ton camping car de Barbie donnée par ta cousine Maeli? Du feu d’artifice du 15 Août ou de la longue marche qui lui a succédé? De la première  nuit dans la tente ou celle avec tes cousins dans ta chambre? De notre virée à la piscine de Saint Jean qui s’est transformée en chasse aux poux chez Cathy? Du premier poux que tu as «  oublié «  de nous signaler ou du bataillon que tu étais ravie de chopper au peigne à poux une fois que tu avais compris que nous ne te raserions pas les cheveux  ? De ton premier mur d’escalade grimpé à 15 m parce que le parcours d’acrobranche à ta taille n’était pas assez haut? De l’empreinte de nos mains dans l’argile pour fêter l’anniversaire de notre rencontre ou de ta main en cire multicolore? De la première fois que  tu es allée chez le coiffeur ou de tes cheveux lissés par Patrick pendant que Nathalie préparait le repas? De goût de ta première tranche de saucisson ou de celui du premier chay que je t’ai fait? De ton stage de danse «  j’aime pas ça , ça bouge pas assez » ou du stage de cirque à venir? De la montée à La Rhune par le petit train ou de l’après midi à l’aquaparc ?  De tous ces trampolines et autres coussins gonflables où tu as sauté au long de l’été? De tes premiers château de sable ou de tes après-midi au club Mickey? Du mikado géant ou des parties de cartes avec Marius et Maeli? De la première fois où tu as réussi à lever une main de ton guidon de vélo? De ces minutes passées à lire ou calculer ? de ta fierté à lire seule « vainhana «  devant Sandrine et Yvan ou de ta joie quand nous sommes aller chercher le trampoline promis en récompense de tous tes efforts? De cette photo de famille prise sur la plage du Pouliguen en souvenir de notre première photo de famille?

Ce que je sais c’est que moi j’ai des souvenirs plein la tête. Ce premier été est inoubliable ma crapule.



mercredi 26 juin 2019

Mourir lentement

Je ne veux plus d'une mort rapide dans mon sommeil.


Je veux avoir le temps de te dire que je t'aime, de te le faire comprendre. Je veux avoir le temps d'organiser l'après.
Je sais que c'est une drôle de phrase que celle ci dans un blog sur ton adoption, mais que veux tu, il faut bien dire ce que l’on a sur le cœur. Et depuis quelques mois j’ai eu souvent l’occasion de penser à ça .
 J’ai d’abord  visionné un documentaire sur les enfants placés de la République. Je n'en avais pas dormi de la nuit, c'est bien la première fois que l'idée de mourir m'angoisse! ( et là je repense à Caro qui racontait sa peur de mourir, qui l'a obligée à faire une thérapie et me souvient qu'elle avait dit que c'était arrivé avec la naissance de ses enfants: vive la maternité!).
Et si tu te retrouvais à nouveau orpheline, que t'arriverait t'il? Tout, sauf ça! ce qu'on a vu dans ce reportage ce soir là: ces foyers et ces famille d'accueil où sévissent la maltraitance et l'absence , et cet avenir qui s'interrompt brusquement à 18 ans.
Il y a eu tes larmes intarissables lors de l’incendie de Notre dame lorsque j’ai eu la mauvaise idée de te dire qu’elle ne serait peut-être pas reconstruite avant ma mort, pensant te faire comprendre que ça prendrait beaucoup de temps.
 Et puis il y a eu le livre écrit par Nathalie Longevial,  Semer des graminées. C'est un superbe livre d'amour, l'amour d'une fille pour son père. Une fille qui apprend que son papa a un cancer et décide d'écrire tout ce qu'elle n'arrive pas à ( lui) dire.

Alors voilà j'ai décidé d'écrire ici ce que je veux que tu saches.

Je veux que ton papa, si il est encore là, trouve le courage de continuer et avec l'aide de nos proches, t'élève et te fasse grandir dans l'amour. Qu'il te fasse des câlins et des bisous pour nous deux. L'amour ne suffit pas mais il est primordial.  Qu'il te rappelle combien je t'aime, qu'il te fasse lire ces textes, que tu saches comme je me sens heureuse et fière de t'avoir pour fille. Je veux qu'il n'oublie pas de t'accompagner si tu en as envie en Inde pour garder ta culture d'origine et chercher tes origines si tu en as besoin. Je te l'ai promis avant de quitter l'Inde. Et il est le garant de cette promesse.

Je veux que ta nanie,ta dadie et ton dada,  tes oncles, nos amis sachent que rien ne m'effraie plus que l'idée de te voir confiée à l'aide sociale à l'enfance si nous devions disparaitre tous les deux. Aucun enfant ne mérite l'isolement sensoriel dont parlait Boris Cyrulnick dans cette émission mais toi encore moins: je sais que tu as besoin d'amour, de câlins, de sentir que nous sommes fiers de toi, parce que dès que l'on te donne de l'amour, même si tu n'as rien demandé, tu le prends à pleine dent. Tu ne le demandes d'ailleurs jamais directement mais t'arrange toujours pour avoir ta dose. Tous les soirs sans exception depuis 10 mois. Comme pour rattraper toutes ces années sans câlins et sans bisous, sans grattouilles dans le dos ou dans les cheveux. Je ne veux pas que tu te construises sur un double vide: celui de tes origines et celui de l'affection que nous t'avons promis..tu ne dois pas connaitre à nouveau de soirées sans câlins, ou alors c'est toi qui auras décidé d'y mettre fin.
 Il faudra surtout veiller à te dire que nous t'aim(i)ons.
Je veux qu'on oublie pas de te dire que si je/nous sommes morts, ce n'est pas de ta faute, pas plus que tu n'es responsable de la raison qui a poussé tes parents biologiques à devoir se séparer de toi.Parce que c'est sur ces doutes que se construisent les fondations instables. Ils n'avaient surement pas d'autre solution pour accepter de te confier à d'autres, petit trésor.
Il faudra aussi te dire que notre vie est devenue plus colorée qu'un tableau de Vasarely depuis que tu es là, que le son de tes éclats de rire est la plus belle musique qui soit, que l'odeur de ta peau est plus douce que celle du chocolat, que notre belle maison serait si triste sans ton joyeux bordel , que la piscine n'aurait pas la même fraicheur si on n'y trouvait pas une si jolie sirène. Bref notre vie a radicalement changé et nous sommes si heureux de t'avoir rencontrée, toi Dourga, avec ton caractère bien trempé et cette gentillesse qui te caractérise. Nous avons une chance phénoménale de t'avoir pour fille et de pouvoir t'aimer.

 N'en doute jamais, c'est nous qui avons eu de la chance en te rencontrant.




samedi 22 juin 2019

La fête des Pères

Main dans la main, sur le sable chaud, vous marchez et scrutez le sol à la recherche de coquillages et de cailloux verts.
Vous vous racontez des choses, tu éclates de rire régulièrement, votre complicité est un vrai bonheur à regarder.
Ce matin, tu as récité ta comptine et donné son cadeau à ton papa ému aux larmes.
Mais je crois que son plus grand bonheur est de te sentir laisser tomber les dernières défenses de ton cœur jour après jour. A l’image de ce moment sur la plage, tu aimes de plus en plus te retrouver seule avec lui , revenir de l’école avec lui ou te baigner avec lui dans la piscine. Ton papa. Qui est si fier d’avoir réussi à créer ce lien si précieux. A qui tu donnes de jolis petits noms « Loulou » « papillon «papinou ».
 Petit à petit, tu lui as ouvert la porte de ton cœur et le voilà enfin papa. Père c’est bien, papa c’est encore mieux. 

dimanche 26 mai 2019

La fête des mères

Longtemps ce jour a été douloureux pour moi, même si je le fêtais avec plaisir à ta Nanie.
Mais aujourd'hui ces mauvais souvenirs sont derrière moi.



 Ce We, je l'attendais avec impatience, il me tardait de recevoir ce premier cadeau fait de tes mains. Il me tardait d'écouter cette chanson que je te surprenais à répéter ces dernières semaines.

J'ai été comblée: émue de te voir si épanouie hier lors de ton spectacle de cirque et de danse indienne, fière de te voir faire aussi aisément tes mouvements de yoga seule face à tous ces spectateurs.
















Ton bonheur à arborer les médailles qui vous ont été données à l'issue du spectacle , ton envie de le partager avec toutes les personnes qui te connaissent, ta fierté à te rendre compte que ces médailles étaient bien les tiennes - "jamais je n'aurai imaginé que j'aurai un jour des médailles"- toute cette après- midi de fête a été un immense plaisir et fut un immense cadeau pour moi et ton père. Des larmes de bonheur m'ont submergée par surprise à te voir si heureuse alors que tu dansais.

Et ce matin, un bouquet de fleurs sur la table, l'empreinte de ta jolie main pour y déposer mes bijoux, cette petite carte où étaient écrits ces simples mots que j'attendais depuis si longtemps, cette chanson que tu m'as timidement chantée puis apprise pour que nous la chantions ensemble à ta Nanie dont l'émotion était palpable malgré l'écran du téléphone. Je le sais, j'avais la même allergie aux graminées quelques minutes plus tôt ( mention spéciale à une auteure qui se reconnaitra).

Ce matin, toutes ces années sans fête des mères n'ont plus aucune importance puisque ce sont elles qui m'ont conduites vers toi, ma petite fille.
Je t'aime.

jeudi 23 mai 2019

Un WE à Paris

Quand on te questionne sur ce que tu as préféré lors de ton WE à Paris, la réponse peut paraitre surprenante.
C'est déjà difficile de choisir entre la visite du 3ème étage de la Tour Eiffel, le Louvre , sa pyramide et ses momies, les colonnes du Palais Royal, la balade en métro pour aller manger chez  ton grand cousin, la promenade sur la Seine en bateau-mouche, l'émerveillement face aux vitraux colorés de la Sainte-chapelle, le déjeuner au sommet de la tour Montparnasse et la nuit chez tonton.

Mais toi ce que tu as préféré c'est voir ton amie Lali.
Lali, c'est la petite fille qui est arrivée quelques mois avant toi à l'orphelinat pour en repartir 2 mois avant toi. C'est donc l'enfant du Shishu sadan avec qui tu as partagée le plus d'années de vie. Vous auriez pu être séparées par des milliers de kilomètres, des océans ou des montagnes, vous auriez pu ne plus savoir comment vous parler après quelques mois mais la chance a voulu que vous ayez toutes les deux des parents en France.
Toute la semaine qui précédait cette rencontre faite à l'occasion de la réunion annuelle de l'association par laquelle nous t'avons adoptée, tu annonçais aux personnes rencontrées  " ce WE je vais voir Lali".
Après une courte hésitation de 10 secondes sur la langue à utiliser pour vous parler , vous avez décidé de faire comme vos parents et de vous parler en français. Pour ne plus vous arrêter. De vraies pipelette et une vraie complicité retrouvée!
A peine nous étions dit au revoir le soir venu, tu nous demandais quand nous reverrions Lali!
  Certes nous n'habitons pas tout à fait à côté de chez eux mais nous referons volontiers  le chemin pour te conduire vers elle:  le plaisir de vous voir vous retrouver et partager vos espiègleries tout un après-midi ou même plus longtemps en vaut bien la peine.